Social. Le conflit
s’est déclaré la semaine dernière. Les agents de la mairie de Fleury portent un
paquet de revendications sur l’amélioration de leurs conditions de travail et se
plaignent d’entraves syndicales exercées par la mairie. De son côté, David
Derrouet, maire de la ville, dénonce un harcèlement sur certains agents non
grévistes.
A deux jours du scrutin de second tour des
législatives, un mouvement de grève a secoué la ville de Fleury-Mérogis. Les
délégués syndicaux CGT-CFDT de la mairie, suivis par une partie des agents
municipaux ont cessé le travail pour dénoncer une
« souffrance au
travail » et une série
« d’entraves syndicales » qui viseraient à
empêcher les délégués du personnel d’exercer pleinement leur fonction.
Les
représentants syndicaux avancent plusieurs éléments. Ils dénoncent une série de
mises au placard des personnes
« gênantes pour la mairie » et des
manœuvres de discréditation de l’action syndicale
« comme une pétition mise
en circulation par la mairie dénonçant des harcèlements envers certains agents
non grévistes » . David Derrouet, maire de Fleury depuis deux ans grâce au
soutien des mêmes agents syndiqués avec qui il est aujourd’hui en conflit,
confirme l’existence d’une telle pétition mais dément son origine supposée :
« Cette pétition a été impulsée par certains agents qui ont subi des
pressions parce qu’ils refusaient de rejoindre le mouvement de grève. » Une
affirmation qui fait bondir les syndicats :
« Il s’agit tout simplement de
mensonges sans fondement, coupe court Chakir Farrisi de la CFDT
, de
notre côté, nous avons intercepté une pétition à charge contre notre travail de
représentants du personnel et nous affirmons que certains ont subi des pressions
pour la signer. »
Des revendications à 500 000 euros pour
certains, à zéro centime pour d’autres
Sur le fond des
revendications, le jeu du
« menteur-menteur » continue. Le maire PS
rejette la possibilité de répondre favorablement à l’ensemble des
revendications, mais laisse entendre qu’il accèdera à certaines d’entre elles.
Pour expliquer sa position, il avance des problèmes financiers :
« Il
faudrait débourser cinq cent mille euros pour accéder aux demandes des
grévistes, autant dire qu’on ramènerait la ville à la banqueroute de laquelle
nous l’avons sortie ces deux dernières années. »
Les agents qui
tiennent le piquet de grève depuis la semaine dernière, dénoncent un manque de
concertation :
« La mairie devrait consulter les syndicats avant de boucler
le budget, regrette Filipe Ramos de la CGT,
et qu’on ne nous parle pas
du coût de nos revendications alors que la plupart d’entre elles coûteraient
zéro centime. »
En pleine élection législative lorsque la grève a
commencé, David Derrouet accuse publiquement certains grévistes de « manœuvre
politique » et dénonce le soutien « de l »UMP et du Front de gauche » dans une
lettre à l’attention des habitants de Fleury-Mérogis.
Suppléant de Malek
Boutih, élu dimanche soir sur la dixième circonscription, il ne s’est pas
exprimé sur la question avant dimanche
« par devoir de réserve en tant que
candidat. » Pour lui, la colère
« d’une minorité d’agents » serait
le fruit de certaines
« incompréhensions » pour lesquelles il admet
« devoir être pédagogue. »
Sérieusement mis en cause dans leurs
méthodes et dans le fondement de leur mouvement, les délégués syndicaux CGT et
CFDT refusent de
« passer pour des pourris » et expliquent leur action
:
« Le maire nous accuse de manœuvre politique pour détourner l’attention de
nos accusations. Si nous faisons grève, c’est à la demande de certains
personnels qui n’en peuvent plus de ce management d’intimidation » et
décrivent leurs conditions de travail comme
« infernales. »
Pour
illustrer la situation, ils prennent pour exemples les cas de contrats à durée
déterminée dits
« vacataires », qui attendent la stabilisation de leur
emploi, mais vont plus loin en parlant de plusieurs
« mises au
placard » de certains personnels
« qu’on voudrait voir s’en aller sans
histoire. »
Les discussions et la situation restaient totalement
bloquées vendredi soir. Après une journée de mobilisation devant la mairie, les
agents grévistes se sont rendus à la sortie des écoles et des centres de loisirs
de la ville pour expliquer leur démarche aux parents d’élèves. C’est seulement
ce lundi que les négociations ont repris, le maire nouvellement élu ayant promis
d’accéder a plusieurs revendications des agents en grève. Le piquet de grève
n’est pourtant pas levé se matin levé se matin, les grévistes exigeant une promesse écrite de la part de la
mairie avant de reprendre le travail.
Fin de l'article paru le 19 juin 2012 sur Essonne Info